
Après une nuit reposante à Sobobade, nous avons repris la route en direction de Saly et avons fait escale à la Réserve de la Somone, qui se visite en calèche ou en pirogue. Evidemment avec Ozzie, nous n'avons pas vraiment eu le choix : va pour la pirogue! Et effectivement, il fallait bien ne pas avoir envie de batailler avec notre chère tête de bois toute blonde pour accepter d'aller se perdre au cœur des palétuviers, par une journée sans un brin d'air et lorsque le soleil est au zénith!

Néanmoins, à cette période de l'année (et à cause de l'heure aussi sans doute...), nous étions les seuls sur la réserve et avons pu passer un moment tout à fait privilégié dans la nature. Je n'ai pas envie d'en dire trop car c'est une zone protégée qui vaut vraiment le détour et il vaut mieux profiter de toute la fraîcheur de la visite par un éco-guide... Je vais seulement vous donner alors quelques indices : palétuviers, cormorans, pélicans, baobabs, pécheurs, huîtres, coques, crabes violonistes, mulets... un endroit paisible entre lagune et océan où règne une ambiance authentique et tranquille...


Un lieu tellement paisible que l'on aurait pas imaginé y assister à une telle scène : alors que nous descendons du taxi qui nous dépose sur le parking longeant la lagune, deux français fagotés comme Crocodile Dundee un lendemain de nuit blanche à Ok Coral descendent d'un gros 4x4 et renvoient méchamment paître un type qui demande de payer pour le stationnement. Ils nous précèdent vers la plage, et alors que nous arrivons à hauteur du piroguier pour négocier le tour de la Réserve, ils nous invitent à monter dans leur pirogue déjà payée pour traverser jusqu'au Rasta, le Resto-Bar de l'autre côté de la rive... On ne comprend pas tout de suite que les deux bougres sont littéralement en train de nous offrir la traversée - évidemment nous ne les connaissons pas - au seul motif d'éviter de faire travailler le pauvre guide local qui d'ailleurs, n'en voit pas passer beaucoup des touristes ces derniers-temps... Pour une fois, le délit de faciès nous est profitable : le temps d'instinctivement et simultanément refuser à cause de leur look de ploucs et leurs têtes attaquées par la coupe-rose, notre guide est dans une colère noire. Il leur crie : "vous, vous êtes méchants! c'est pas bien ce que vous faîtes! jamais, jamais vous monterez dans ma pirogue"... L'autre pirogue détale et le type qui la conduit à l'air sacrément mal à l'aise dans ses tongues... Notre guide, alors qu'on s'éloigne vers les parcs à huîtres, tente de retrouver son calme, semble maintenant s'en vouloir de s'être emporté, regarde ses orteils en marmonnant en wolof... On le rassure, on lui dit qu'il a eu bien raison, qu'on aurait fait pareil et qu'on à mal encore une fois à notre CON-patriotisme... Brrrr, rien que d'y repenser, ça me donne encore froid dans le dos (par 37°c à l'ombre!). Ah, c'est ma chance : nous devons nous aussi passer au Rasta-Bar pour prendre une casquette pour Ozzie... on se gare à quelques mètres de la terrasse où les deux cochons attendent désormais leurs consommations ; imagine le plaisir de la serveuse à les servir ! Je reste seule dans la pirogue et là c'est le comble : ils se racontent leur soirée de la veille en compagnie de jeunes prostituées et j'ai droit à tous les détails ; les enfants du village de pêcheur qui jouent dans les rochers au bord de la plage aussi...
Si les ennemis de mes amis sont mes ennemis, Cheikh Ndoye ne pouvait donc devenir qu'un ami, d'autant que c'est petit accros, ca rapproche! De ce mauvais départ naît une complicité simple tout le temps de la ballade, Cheikh fait durer le temps sur l'eau, Ozzie prend le gouvernail au retour, on descend sur un îlot pour s'amuser des crabes violonistes, on rit bien sur la pirogue, et c'est tout juste si on leur dirait pas merci aux deux gros malpropres... On notera au passage qu'on nous avait un peu prévenu à Dakar : Mbour et Saly semblent être de gros spots du tourisme des années 80, format Club Med et débauches en tous genre, ni très écolo, ni respectueux des populations, bien pensé pour être détendu du gland, sans remords, si tu vois ce que je veux dire....

N'empêche qu'on a passé un moment très authentique avec Cheikh et qu'on se donnerait bien une occasion de le revoir en votre compagnie! A défaut de notre présence, voici les contacts d'un chic type, amoureux et bien documenté sur la nature environnante.
Résident à Dakar, il fait les allers-retours entre La Somone et Dakar les vendredi soirs et les dimanche soirs, un moyen sans doute de profiter d'un trajet aller ou retour jusqu'à la capitale...
Cheikh Ndoye - (+221) 779387034 - curiosité@hotmail.com
Vous allez, hélas, croiser un grand nombre de ces toubabs durant votre séjour.
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