samedi 10 octobre 2015

L'histoire du lapin tombé du ciel

Toomouche
Il était un fois un petit garçon de 5 ans dont la première dent de lait s’apprêtait à tomber et qui, plus que tout au monde, voulait devenir un "sauveur d'animaux".

Chaque coucher du soleil était l'occasion pour lui de capturer les gros crapauds qui profitaient de la fraîcheur pour se dégourdir les cuisses après une longue journée passée au fond d'un trou à l'abri de la chaleur brûlante. A chaque venue de la nuit, le petit garçon se badigeonnait d'anti-moustique puissant pour profiter d'un moment d'observation de "son Petit-frère Toomouche", le margouillat résident de la petite cour ; il ne manquait jamais alors de sermonner le gardien sur l’intérêt de protéger les Tarentes de Mauritanie, ses amis qui régulent la présence des insectes.

Chenille de Taupin
Lorsque dans la nuit noire, il était réveillé par le jappement continu d'un chien errant, l'enfant souhaitait se lever pour le recueillir dans sa demeure, mais ses parents s'y opposaient vivement, car ils craignaient que la famille soit infectée par les vers de Cayor, ces larves de mouches qui attendent dans le sable le passage d'un animal ou d'un humain pour nicher dans leur épiderme, là où elles pourraient à leur aise se nourrir pour se développer.... Aussi, le petit garçon se levait chaque jour en espérant du plus profond de son cœur qu'il aurait enfin à secourir un milan tombé de son nid et quand il découvrit d'énormes chenilles de Taupin lovées dans le potager de sa mère, il les emmena à l'école pour montrer à ses camarade combien Dame-Nature avait bien fait les choses en créant de véritables petits estomacs sur pattes qui digèrent la terre aride pour en faire une poudre noire et aussi riche que le mare de café. L'enfant dépensait beaucoup d'énergie à sa nouvelle vocation de soigneur par la construction d'habitat pour les bêtes, par la dissection de leur crottes, et par d'autres missions imaginaires auxquels ses parents ne comprenait pas toujours grand-chose. Au moment du coucher, le petit garçon affinait son projet de "Bar à Pythons", une reproduction de leur maison actuelle où les tables seraient positionnées sur un pont surplombant une fosse à pythons, fosse dans laquelle lui-seul pourrait descendre pour  nourrir les reptiles et s'en faire des écharpes pour l'hiver... Après le dernier bisou du soir, il confiait à sa maman qu'il allait faire une petite prière pour que Bouddha lui envoie demain un animal à soigner et même si la mère craignait que son fils ne se mettent en danger dans ses missions, le désir de l'enfant était si fort que la mère elle-même songeait parfois à prier!

Michelsky
Un soir, alors que la famille se préparait à partir pour un dîner à Bango et discuter la possibilité de se lancer dans une randonnée nocturne à la recherche de serpents, un jeune lapin fit son apparition dans la cour à proximité du potager. A la surprise générale, tout le monde sortit pour l'observer et surtout tenter de comprendre par où il avait bien pu rentrer, la cour étant cerclée d'une enceinte de plusieurs mètres de haut, sans brèche. Pas de doute, ce lapin était tombé du ciel, ou plutôt du toit, ou plutôt s'était-il échappé de l'élevage situé à 3 toits terrasses à côté, là où le chien errant aime prendre son poste de garde pour japper... Sans doute avait-il fait une belle chute en tentant d'échapper aux chats, errants eux aussi, qui vadrouillaient sur les balcons depuis plusieurs nuits... Sans doute ce lapereau un peu rebel avait-il flairer la bienveillance du petit garçon et avait-il clandestinement traversé les frontières pour assurer sa survie dans l'éden des petites bêtes...

Potager
Il y eut alors un grand débat entre les membres de la famille : la mère craignait pour son potager, le premier de sa vie entière qui commencerait prochainement à donner des tomates, du basilic, des courges, des melons, du bissap, des papayes, du citron... si personnes ne venait avant le grignoter! Le père, qui avait vécu des expériences sanitaires un peu extrêmes depuis son arrivée en Afrique, trouvait que le lapin sentait fort mauvais, qu'il avait des croûtes sur le dos, qu'il serait peut-être mort de sa chute au petit matin, qu'il valait mieux le rendre à l’élevage ou bien encore le relâcher dans la rue. Le petit garçon s'exclamait alors que les talibés, n'ayant rien à manger, allaient à coup sûr le découper et que les catholiques de l’élevage (Astou lui ayant expliqué que seuls les catholiques mangeaient du lapin) allaient aussi le priver de sa liberté pour l'engraisser et finir fatalement par le découper. Il supplia ses parents si fort qu'ils finirent par accepter de le garder une seule nuit, en protégeant les plantes et pour voir tout d'abord s'il survivrait. Le petit-garçon était si heureux, il mit tout en oeuvre pour essayer de le requinquer en lui donnant des carottes, des biscottes et en recyclant un abris pour le protéger des prédateurs de la nuit. Aussi, il aida sa mère à protéger les jeunes pousses d'arbres avec des bidons d'eau potable et le surveilla attentivement pour qu'il ne mangeât pas les plants auxquels sa mère tenait tant.

Merci Thomas pour le Basilic!
Au petit matin, le père parti au travail pour une "Journée Cadres", un grand rassemblement de papa qui travaillent beaucoup où de nombreuses choses allaient être décidées pour l'avenir. Il n'eut pas vraiment le temps de laisser quelques consignes concernant celui qu'on nommait déjà en cachette Michelsky. Quand la mère et l'enfant se levèrent, ils découvrirent le lapereau en pleine forme, étalé de tout son long sur le carrelage pour tenter de capter un peu de fraîcheur. La mère se rappela Ali, le bébé lièvre qu'elle avait recueilli à l'âge de son fils et qu'elle avait tant chéri pendant tout sa jeunesse... N'empêche que celui-ci sentait particulièrement fort et que le sien lui n'avait jamais eu de parasites!  Alors que l'enfant terminait son petit-déjeuner, Astou arriva dans ses habits de lumière pour commencer sa journée : l'enfant courut vers elle pour lui présenter son nouvel ami et elle dît : "Regarde Maya, c'est un bébé, il a encore le coton sur le dos... Il est très maigre mais il va très bien. On va le garder!". Le visage de l'enfant s'éclaira d'un coup. L'enfant et la gouvernante promirent de bien s'en occuper, à commencer par lui donner un bain si la mère voulait bien allait chercher des anti-parasitaire à la pharmacie. C'est ce qu'elle fit et tous les trois coururent ensemble derrière le lapin pour le mettre au bain sous le regard perplexe de Toomouche qui ne savait plus décider entre la joie de retrouver un peu de tranquillité ou la peine de ne plus être l'unique ami de l'enfant.
La journée se déroula dans la bonne humeur générale et comme le père semblait toujours concentré sur sa réunion de papa qui travaillent trop, personne ne lui demanda son avis quand il fallut décider la taille de la cage avec Djibi le menuiser, dépêché en urgence pour dessiner un abris avant  l'heure où les prédateurs rodent...

C'est moins sexy un jardin avec un lapin...
Astou elle, s’affairât à cercler les fleurs qu'elle avait plantées dans le jardinet, l'enfant lui, surveillait le lapin de très près, réfléchissant à la manière de gagner les 10000 CFA qu'on lui réclamait pour la fabrication de la cage. La mère, elle, raconte cette histoire et à cet instant, les surprend en train de conclure un marché : "nous nous en occuperons toujours ensemble et moi, je m'en occuperai quand tu seras rentré en France ; ne t’inquiète pas Ozzie : je ne le mangerai jamais parce que moi j'aime les lapins et que je ne suis pas catholique!"

C'est ainsi que les parents acceptèrent un nouveau pensionnaire dans la maison rue de France.
C'est ainsi aussi que le petit garçon sût qu'il était véritablement devenu un sauveur d'animaux.
Mais sitôt que le lapin fut sauvé, il confia à sa mère que, comme Astou, il voulait aussi avoir 3 chiens!



6 commentaires:

  1. Donc vous ouvrez un zoo d'ici a ce que j'arrive!

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    1. T'inquiète on te réserve la meilleure cage ;-) !

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  2. serait pas en train de trouver sa vocation ou futur métier ce petit?

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  3. Il y a 25 ans je pense que j aurai pus écrire cette jolie histoire l héroine se serait appelée Marie (maya) sa maman je vous embrasse très fort a bientôt en France
    papa

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    1. Et oui, dans cette famille, les chiens ne font pas des chats...et on un truc avec les lapins..! À tout bientôt en France et surtout à la pêche : il y en a un qui compte sur toi! BiSou à tous les 3!

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