Dieu sait que j’ai pourtant rêvé de me laisser aller auprès de vous mes amis qui me manquez tant, à ironiser violemment dans la verve et le verbe de l’instant, à y aller franchement dans l’humour noir de troisième zone sur les anecdotes qui dessinent désormais notre quotidien. Mais avoir un blog public nous fait prendre conscience de l’adage « on peut rire de tout, cela dépend avec qui » et c’est tant mieux : cela nous oblige à mesurer la portée de nos pensées et nous décidons donc de réserver pour l’oral le grinçant, le corrosif, le méchant, même si c’est toujours et simplement pour être drôles ! Ce qui vous donne une raison supplémentaire de vous empresser à venir nous voir, avant que les détails croustillants ne se ramollissent comme des corn flakes oubliés dans la moiteur extrême de St Louis… Voici néanmoins dans les articles à venir un petit « medley » de mon quotidien de mère au foyer Saint-Louisienne, où je m’attacherai donc d’avantage à l’autodérision qu’à la critique… ;-)
Ce que j’attendais avec impatience à la Maison Rose, c’était d’avoir le privilège d’aménager une grande maison de style coloniale, avec des meubles authentiques fait sur mesure ou chargés de centaines d’années d’histoire, avec des tissus typiques, des wax, que tu ne pourrais jamais installer chez toi en France sans que tes amis se mettent à te surnommer le Chevreuil, (ndlr : tape Chevreuil + roots + reggae dans Google), ou encore avec des objets d’arts immenses à des prix défiant toute concurrence… Le tout serait évidemment rentré dans le demi-container prévu pour le retour…
Première déconvenue, pour ce qui est de l’ameublement, ici on ne fait quand même pas moins cher qu’Ikea. Ce qui est à la fois logique et tant mieux : il n’y a pas d’usine de fabrication ici, donc c’est artisanal, et faire de l’artisanal au prix d’Ikea, même dans un pays pauvre, c’est pas très cher payé quand même… En plus, pour le même prix, tu peux demander un modèle unique avec des gravures en formes de margouillat si ça te chante, on te le livre monté chez toi et il est démontable à souhait. Pour le coup, Ikea n’a qu’à bien se tenir ! Néanmoins, 200 m ² d’ameublement, ce n’était pas réellement prévu au budget… J’ai donc tenté de me rabattre sur les meubles anciens : ben c’est comme chez nous... Les personnes qui tirent du lot des merdouilles abîmées ou inutilisables les vieilleries de caractère qui sont susceptibles d’être revendues, ont d’abord bien compris que c’était à des toubabs, et ensuite pas à n’importe quel prix. En fait, négocier une natte ancienne toute rapiécée (ce qui lui confère un joli côté « vintage »), revient à peu de choses prêt à batailler le bout de gras avec René la Brocante un dimanche de pluie et pas à St Mich !
Deuxième découverte qui ne peut sans doute pas être généralisée en principe mais sans doute souvent observée : ce que veulent les toubabs (y compris des choses plutôt basiques), seuls les veulent les toubabs et c’est donc à « tarif toubab ». Exemple, si tu cherches une paire de draps en coton parce que celle que tu as initialement achetée contient 60% de polyester et le reste de poil à gratter, attends-toi à devoir chiner un moment en friperies puis à négocier ferme le drap bouloché, grisâtre et gracieusement envoyé en containers par les Hôpitaux de Paris…Hum miam miam… Du coup, je ne me suis pas penchée sur les masques et autres objets d’art, je garde cette partie de bras de fer pour un temps où je me serais aguerrie à la négociation ou pour les périodes où j’aurais envie d’en découdre avec d’autres personnes que les membres de ma petite famille.
D’ailleurs, côté négo, ce n’est pas encore ça… Thiouna m’avait accompagnée choisir quelques wax pour refaire les chaises dont on nous a fait don à notre arrivée (trop européennes et aussi un peu des années 80…) : j’avais obtenu le yard (vachement simple le calcul : l’unité c’est 90cm x 115cm) à 1000 CFA. J’avais pris mon courage à 2 mains, coiffé ma tête d’un tissu traditionnel et coincé mes CFA entre mes 2 seins (décidément, les années 80….) pour revenir toute seule chercher 35 yards de plus, que j’avais payés 35000 CFA, soit disant parce que le mec me faisait un prix, pour moi c’était normalement 1200 le yard… Ah ok… Alors j’y suis retourné avec Thiouna pour les 23 yards manquants (oui, on a vraiment besoin de beaucoup de rideaux….) et le type, après 25 minutes de bataillage en wolof, finit par me faire payer 24000 au lieu de 23000 au prix normal, c’est à dire zéro ristourne et surtout, au final, plus t’achètes, plus c’est cher… Ni Thiouna, ni le tailleur, ni Astou ne comprennent pourquoi… On m’avait dit que les Mourides étaient de fins marchands, tu m’en diras tant ! Allongée dans mon lit entre 2 démangeaisons, je repense au déroulé des négociations. Dans mon fort intérieur, je ne vois qu’une seule explication : elle est trop pénible la toubab qui essaie de se fondre dans la masse avec son accent pourri et ses manières has-been, on va tout faire pour ne plus jamais la revoir!
*Comme le sommeil, de même que la nourriture, sont pour Ozzie et moi des items primordiaux pour notre bonne humeur générale et donc pour l’équilibre, parfois fragile, de la famille, Seb nous a fait envoyer des draps neufs 100% coton de Dakar. Ça coute une blinde. C’est ce qui s’appelle acheté la paix sociale.
Deuxième découverte qui ne peut sans doute pas être généralisée en principe mais sans doute souvent observée : ce que veulent les toubabs (y compris des choses plutôt basiques), seuls les veulent les toubabs et c’est donc à « tarif toubab ». Exemple, si tu cherches une paire de draps en coton parce que celle que tu as initialement achetée contient 60% de polyester et le reste de poil à gratter, attends-toi à devoir chiner un moment en friperies puis à négocier ferme le drap bouloché, grisâtre et gracieusement envoyé en containers par les Hôpitaux de Paris…Hum miam miam… Du coup, je ne me suis pas penchée sur les masques et autres objets d’art, je garde cette partie de bras de fer pour un temps où je me serais aguerrie à la négociation ou pour les périodes où j’aurais envie d’en découdre avec d’autres personnes que les membres de ma petite famille.
D’ailleurs, côté négo, ce n’est pas encore ça… Thiouna m’avait accompagnée choisir quelques wax pour refaire les chaises dont on nous a fait don à notre arrivée (trop européennes et aussi un peu des années 80…) : j’avais obtenu le yard (vachement simple le calcul : l’unité c’est 90cm x 115cm) à 1000 CFA. J’avais pris mon courage à 2 mains, coiffé ma tête d’un tissu traditionnel et coincé mes CFA entre mes 2 seins (décidément, les années 80….) pour revenir toute seule chercher 35 yards de plus, que j’avais payés 35000 CFA, soit disant parce que le mec me faisait un prix, pour moi c’était normalement 1200 le yard… Ah ok… Alors j’y suis retourné avec Thiouna pour les 23 yards manquants (oui, on a vraiment besoin de beaucoup de rideaux….) et le type, après 25 minutes de bataillage en wolof, finit par me faire payer 24000 au lieu de 23000 au prix normal, c’est à dire zéro ristourne et surtout, au final, plus t’achètes, plus c’est cher… Ni Thiouna, ni le tailleur, ni Astou ne comprennent pourquoi… On m’avait dit que les Mourides étaient de fins marchands, tu m’en diras tant ! Allongée dans mon lit entre 2 démangeaisons, je repense au déroulé des négociations. Dans mon fort intérieur, je ne vois qu’une seule explication : elle est trop pénible la toubab qui essaie de se fondre dans la masse avec son accent pourri et ses manières has-been, on va tout faire pour ne plus jamais la revoir!
*Comme le sommeil, de même que la nourriture, sont pour Ozzie et moi des items primordiaux pour notre bonne humeur générale et donc pour l’équilibre, parfois fragile, de la famille, Seb nous a fait envoyer des draps neufs 100% coton de Dakar. Ça coute une blinde. C’est ce qui s’appelle acheté la paix sociale.
Haha tu veux que je t'envoie des draps??
RépondreSupprimerC'est gentil merci : on a ce qu'il faut maintenant :-) mais n'oublie pas d'en amener en venant!!! Bisou
RépondreSupprimerCoucou chère maîtresse!Plus de cahier de vacances, c'est qui qui te le demande? Prends plutôt de grandes feuilles( s'il y en a...) Dessine un mot proposé par Ozz. Demande lui quel son il entend, quelle couleur il lui mettrait, entoure la lettre ou la syllabe choisie (fondamental, les syllabes) et demande lui ensuite de la reproduire en lui faisant observer la forme de la lettre par rapport à quelque chose qu'il connaît. Deux trois mots tous les deux jours cela suffit. Et le soir, si cela lui fait plaisir, il montre ce dont il se souvient. Tant pis si l'alphabet n'y passe pas! Il a un an pour l'acquérir...
RépondreSupprimerDe bons moments d'apprentissage et plein de bisous à la maîtresse et à son élève préféré de Mamik